En avant-premiere, F.Vidal dévoile le projet de loi de Bioéthique à Nantes

Frédérique Vidal s’est exprimée mardi 23 juillet 2019  lors de sa visite de la plateforme de recherche sur les cellules souches à l’université de Nantes de Laurent David. Dans la perspective du projet loi bioéthique, la ministre est revenue sur les mesures prévues en matière de recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Frédérique Vidal, la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche en visite à l’Université de Nantes

Frédérique Vidal s’est rendue à l’Institut de recherche en santé de l’Université de Nantes (IRS UN). Accompagnée du président du Comité d’éthique de l’Inserm et de la directrice de l’Agence de la biomédecine, la ministre a pu visiter les laboratoires et rencontrer les chercheurs et étudiants qui collaborent au sein de la plateforme de recherche sur les cellules-souches.

À cette occasion, Frédérique Vidal a été accueillie par une délégation de l’université et du CHU de Nantes composée notamment d’Olivier Laboux, président de l’Université de Nantes, Philippe Sudreau, directeur général du CHU, Brigitte Dreno, vice-doyen à la recherche de la faculté de médecine, et Laurent David, enseignant en biologie cellulaire et responsable de la plateforme de recherche.

Les différents échanges et démonstrations ont permis de présenter le potentiel d’innovations thérapeutiques rendus possibles par la recherche sur les cellules-souches.

En conclusion de la visite, Frédérique Vidal s’est exprimée sur les mesures prévues en matière de recherche sur les cellules-souches au sein du projet de la loi bioéthique  présentée en Conseil des ministres le 24/07/2019.

Extrait de son discours:

« Plus de liberté pour la science, c’est aussi un cadre plus souple pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines. En effet, la nouvelle loi distingue clairement le régime de la recherche sur l’embryon de celui de la recherche sur lesC.S.E.H., jusqu’ici confondus. Cette clarification juridique traduit une clarification éthique : ces deux domaines de recherche ne sauraient relever des mêmes règles puisqu’ils ne soulèvent plus les mêmes dilemmes.

Jusqu’ici la recherche sur les C.S.E.H. était soumise au même régime d’autorisation que la recherche sur l’embryon, parce qu’on les confondait dans un même questionnement éthique. Aujourd’hui les recherches sur les cellules souches embryonnaires exploitent des lignées de cellules dérivées il y a parfois plus de 20 ans et ne sont plus liées à la destruction d’un embryon. La nouvelle loi prévoit donc d’alléger le régime de la recherche sur les C.S.E.H., en la conditionnant à une simple déclaration, ce qui va considérablement simplifier et accélérer les travaux de la communauté scientifique française dans un domaine de recherche qui porte de grands espoirs, en matière de connaissances fondamentales, en matière de compréhension et de traitement de maladies rares ou au contraire très courantes, en matière d’innovations thérapeutiques. Et si les promesses contenues dans les C.S.E.H. sont immenses, le potentiel des chercheurs français pour aller les découvrir l’est tout autant. Avec cette loi, ils pourront bientôt jouer à armes égales dans la compétition internationale qui se noue autour de cette recherche d’avenir.

Si cette séparation nette entre ces deux régimes de recherche est possible, c’est que la charge éthique des C.S.E.H. s’est en réalité déplacée : aujourd’hui, c’est moins leur origine qui interpelle que leur potentiel pluripotent. Or ce potentiel, elles le partagent désormais avec un autre type de cellules souches, les I.P.., que vous produisez ici. Il n’y a pas si longtemps, la possibilité de reprogrammer des cellules adultes spécialisées pour les rendre pluripotentes n’était qu’un rêve de chercheur. Les travaux de Shinya Yamanaka en ont fait une réalité, et, ce faisant, ont totalement changé la donne ; ils démontrent bien que si la science travaille sur le temps long, elle connaît aussi de brusques accélérations qui peuvent bousculer le cadre bioéthique dans lequel travaillent les chercheurs. Il est clair que les I.P.S. ne sont pas identiques aux C.S.E.H. et n’ont donc pas vocation à remplacer les C.S.E.H., ni à s’y opposer, mais plutôt à les compléter. Il n’en demeure pas moins que ces deux types de cellules ont beaucoup de choses en commun : les unes comme les autres rendent possible, à terme, la production de cellules éthiquement sensibles comme les gamètes ou encore la création de modèles embryonnaires. Dotées de capacités communes qui soulèvent des espoirs et des questionnements éthiques communs, il est légitime que leur exploitation scientifique soit soumise à des règles communes lorsqu’elle poursuit la même finalité. » »

Discours de Fréderique Vidal:  Discours complet

@CHU de Nantes @NantesUniversity

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